Incendie au club
Préface
Avant de commencer cette nouvelle, j’ai une “mise au
point” à faire :
Tout d’abord, contrairement à mes autres romans, j’ai cherchée un “narrateur” un peu original. En effet, c’est un cheval, Ténébreux, qui racontera l’histoire. Ensuite, tous les personnages et les lieux où se passent la nouvelle sont fictifs, mais on pourra remarquer néanmoins quelques similitudes avec des endroits, ou des noms existants réellement. Pour ceux qui se connaissent pas, ou peu, les chevaux, Ténébreux est un Ango-arabe (un croisement entre un cheval anglais et arabe, qu’on trouve surtout dans le Nord de la France, berceau de la race) bai brun ( marron foncé virant presque au noir).
Sur ce, j’espère que cette nouvelle vous plaira...!
Bonne lecture !
Chapitre 1
Bonjour à tous ! Avant toute chose, je me présente.... Je
m’appelle Ténébreux. Je suis un Anglo-arabe bai brun, avec une petite étoile
blanche sur le front, âgé de quatre ans. Depuis mon plus jeune âge, je vit aux
Trois Pins, un grand centre équestre comportant un élevage. Contrairement à mes
autres camarades, mâles, d’écuries (que les humains appellent des hongres) je
n’ai pas été castré et suis ce qu’ils appellent un Entier. On dit toujours que
les Entiers et les Anglo-Arabes sont très instables et ont un caractère très
lunatique et explosif, mais cette rumeur est inexacte. Je suis bien placé pour
le savoir... Bon, il est vrai que les anglo-arabe, de part leurs origines, sont
particulièrement sensibles et très réactifs, mais tous les chevaux peuvent être
lunatiques et explosifs, tout dépend du dressage qu’ils ont eus et de leur propriétaire.
En ce qui me concerne, je suis plutôt bien tombé. Mélissa, ma propriétaire
s’occupe bien de moi et n’a jamais eu à se plaindre de mon caractère. La
preuve, même sa sœur, âgée de cinq ans, Lisa, peut me monter sans crainte. Né
dans un élevage voisin, j’ai séduit Mélissa qui a demandée à ses parents de
m’acheter. Mais je reste en pension au club. Cependant, Mélissa s’arrange
toujours pour éviter que je m’ennuie. Je passe plusieurs heures par jours au
pré, mais, quand je suis à l’écurie, j’ai un box spacieux et paillé avec des
jouets et un compagnon, Océane, une petite lapine pas du tout farouche (je suis
quand même beaucoup plus gros qu’elle) qui vit dans mon box, mais qui part
souvent se balader dans l’écurie. Et je suis en contact avec mes semblables,
logés dans la même écurie que moi, celle réservée aux “chevaux de proprio”,
comme disent les humains. Une autre écurie regroupe les chevaux de club, avec
qui il m’arrive de travailler. Ma cavalière, et propriétaire, vient me voir
tous les jours et est au petits soins avec moi. Elle passe toujours au moins
une heure, à me tenir compagnie dans le box, varie les séances de travail, joue
avec moi et m’apporte de nombreuses friandises. En bref, Mélissa est la
propriétaire idéale. Notre complicité est évidente, et c’est toujours avec
plaisir que je l’accueille et que je fais ce qu’elle me demande.
Mais, pour l’instant, en ce premier mercredi après-midi
de mai, je suis en liberté, dans un des enclos du club, près de la barrière, la
tête haute, scrutant le chemin par lequel Mélissa doit arriver. Océane,
sautille à côté de moi, à la recherche d’une touffe d’herbe plus verte que les
autres. Le sifflement tant attendu retentit alors. Les oreilles, en avant,
j’hennis doucement, au moment où Mélissa, une adolescente de seize ans, mince
et élancée, aux longs cheveux châtains et aux yeux verts “apparaît” à l’entrée
du chemin. Je prend le petit trot et, suivant la lice blanche de la clôture, je
rejoins l’entrée du pré, suivit, à quelques distances, par Océane. D’après ce
que j’en sais, Mélissa et Lisa sont les filles de Henry, le propriétaire du
club, si bien qu’elles n’ont pas trop de problèmes pour venir régulièrement à
l’écurie.
“Salut bonhomme ! me lança Mélissa en arrivant au niveau
de la porte. Prêt pour travailler ?” disant cela, elle entre dans le pré, et me
donne une belle carotte appétissante, que je prend sans hésiter, tandis qu’elle
me caresse le front.
Je me laisse gentiment passé le licol et suit docilement
ma propriétaire, hors du pré, après qu’elle eut récupérée Océane. En route pour
l’écurie...
Je marche d’un bon pas, tenue par Mélissa qui me ramène devant mon box pour le traditionnel pansage. Aujourd’hui, elle prévois de me monter “à cru” sans selle ni filet, et juste le licol. Depuis deux mois, elle me prépare à cet exercice, afin de pouvoir me monter, sans aucun harnachement, plus tard. Je me prête volontiers à l’exercice. Après une heure de travail, retour au box... Là, j’ai le droit à quelques friandises, un autre pansage et à une bonne douche, quand il ne fait pas trop frais. Après, elle “fait mon box”, en enlevant la paille sale et en la remplaçant par de la propre, de façon à me faire une litière bien épaisse et agréable. Cela fait, en général, je reste dans mon box, ou au pré, tandis que Mélissa, s’installe dans un coin du box ou sur la barrière du pré, pour faire ses “devoirs”. Il parait que ce n’est pas les conditions de travail idéales pour faire ses leçons. Avant, il m’arrivait souvent d’aller embêter ma cavalière pendant ce moment-là. Mais, maintenant, ayant plus ou moins compris l’importance des “devoirs”, je reste toujours près de Mélissa, mais j’évite désormais de donner des coups de tête dans le classeur, ou des trucs du genre, car ça ne lui plait pas trop. Bien sûr, en période “scolaire”, Mélissa ne traîne pas trop au club, juste le temps de s’occuper de moi, mais, pendant le week-end ou les vacances, elle passe toutes ses journées avec moi, et Océane. 18h00, dernière caresse, repas, et Mélissa s’en va, me laissant “en tête-à-tête” avec la lapine. Mais, le lendemain, ça recommence...
A sept heures, première visite... et
premier repas de la journée. Pansage rapide, puis direction mon pré personnel,
soit près de deux hectares de pâturage, rien que pour moi et Océane. Bon, au
début, je devais le partager avec Eliott, le poney de Lisa. Mais, à présent,
Eliott a son propre pré, beaucoup plus petit que le mien, me permettant de
retrouver la tranquillité. Car il avait légèrement tendance à m’énerver, c’est
un sacré comique, à vrai dire.